Par l'équipe de Désirs d'avenir
Premier chiffre. Total (14 milliards d’euros de bénéfices en 2008 et dont on attend avec impatience les résultats 2009) prévoit la fermeture du site de raffinage de Dunkerque. 370 salariés et 450 sous-traitants sont ainsi menacés. D’après l’"UFC-Que choisir ?" une part croissante des profits de l’entreprise provient de la hausse tendancielle des marges dites de raffinage, résultat d’un sous-investissement chronique dans les raffineries. Total organise donc une pénurie volontaire au détriment du prix à la pompe et au bénéfice exclusif de ses actionnaires.
Deuxième chiffre. EDF, dont le nouveau Président est le même Henri Proglio qui cumule son poste avec celui de Président du Conseil de surveillance de Veolia, envisage depuis des mois une hausse exorbitante de ses tarifs. Malgré les démentis qui succèdent aux ballons d’essais médiatiques, le projet demeure, prêt à sortir à la moindre occasion. Au même moment, 3,4 millions de familles dépensent plus de 10 % de leurs revenus pour leurs factures d'énergie. Entre 2001 et 2006, les dépenses en énergie domestique des familles modestes sont passées de 10 à 15 % du revenu. De plus en plus de personnes se trouvent ainsi en situation de précarité énergétique et limitent, au cœur d’un hiver particulièrement rigoureux, leurs dépenses de chauffage.
Alors voici quelques suggestions de questions qu'un journaliste pourrait avoir la bonne idée de poser ce soir, lors de l'interview de Nicolas Sarkozy sur TF1 : oui ou non, le gouvernement laissera-t-il Total fermer le site de raffinage de Dunkerque ? Oui ou non, permettra-t-il que Total accapare et privatise la rente énergétique sur laquelle l’entreprise est assise, au détriment de millions de contribuables ? Oui ou non, l’Etat a-t-il l’intention de laisser EDF augmenter ses tarifs, au mépris de l’universalité d’accès au service public de l’énergie et contre son propre pouvoir d’actionnaire majoritaire ?
La démocratie n’est pas un piège. Elle est ce qui donne sa substance à l’exercice du pouvoir, elle est sa chair et son âme, sa boussole, son impitoyable et salutaire force de rappel. En refusant cette réalité du pouvoir, ceux qui nous dirigent aujourd’hui créent les conditions d’un échec sans appel. Voilà pourquoi nous ne nous résignons pas à ce que ces questions importantes pour l'avenir du pays restent sans réponses./.





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