
Désirs-d'Avenir 6R6
Rose-Rouge
Désirs d'Avenir 66
Rose-Rouge
Par Michelle Delaunay, députée socialiste
En anglais, on dirait "the entertainment", mot dont le sens est plus proche du "divertissement" pascalien que celui de "spectacle". Et en effet, le Parti Socialiste n'en rate pas une et donne
toujours quelque chose à voir, quelque chose à dire, et surtout à médire, aux médias, à tout le monde et d'abord à nous mêmes.
Pourquoi sommes-nous ainsi devenus les rois d'un show-biz souvent malintentionné mais que nous mettons une grande application à justifier ?
Il y a plusieurs réponses. La moindre n'est pas : notre absence de discipline interne.
D'accord, le mot n'est pas sexy et l'oreille d'un socialiste libertaire se frise comme les pétales d'une tulipe hybride à l'entendre. Et pourtant ...
Le show-biz de ce week-end, c'est la visite de Ségolène Royal à Dijon, ville dont le Maire est François Rebsamen, directeur de sa campagne présidentielle et son fidèle soutien dans le tragique chemin des Dames qui s'est conclu à Reims.
L'organisateur de la manifestation est Vincent Peillon, non moins fidèle lieutenant de Ségolène dans les campagnes précitées, éloquent plaideur de la motion "l'Espoir à gauche" qui a recueilli, on le sait, à quelques pichenettes de voix très discutées, la presque majorité lors du vote élisant notre Première Secrétaire.
Où est le problème ?
Le problème est que Vincent Peillon a lancé une O.P.A (Offre Publique d'Achat) sur l' "Espoir à gauche". Certes, ce n'est pas une marque déposée, comme peut l'être Panzani ou Dunlopillo, mais c'est le titre, l'étendard de la motion que Ségolène Royal a porté et qui a porté Ségolène Royal.
Premier coup médiatique à l'Assemblée nationale où Peillon a convoqué la presse mais pas les députés pour s'auto proclamer chef de "l'espoir à gauche" ; deuxième à Marseille avant l'Université de la Rochelle, troisième à Dijon.
Détail : Ségolène Royal n'a été ni informée, ni invitée.
Que fait notre comité d'éthique que j'ai appelé de mes voeux dès mon entrée au Parti Socialiste , et dont la réalité a été votée à une très large majorité le 3 octobre 2009 ?
Partir avec la marque n'est pas plus honorable que partir avec la caisse. Ce vocabulaire n'est pas celui d'un parti politique, surtout le mien, tel que je l'aimerais. Il a pourtant un sens : dans ce siècle marchand, l'éthique du commerce, au moins, doit être comprise.
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