
Désirs-d'Avenir 6R6
Rose-Rouge
Désirs d'Avenir 66
Rose-Rouge
Avec Sarkozy, le candidat des milliardaires du Cac 40, l'ami des Bouygues, Dassault, Lagardère
Sarkozy se plaint d’être diabolisé ? En vérité, il ne l’est pas assez !
vendredi 27 avril 2007 par Gérard Filoche
Sarkozy se complaît à jouer à fond dans le vieux registre de le Pen : le voilà qui se prétend « diabolisé » et qui affirme « je ne suis pas candidat pour plaire à un petit milieu parisien, entre le boulevard St Germain et l’Assemblée nationale. Ce ne sont pas la presse, les sondages, les élites qui m’auront choisi, mais les Français »(sic).
Diabolisé ? Mais vu son programme et vu ce qu’il est, il ne l’est pas assez !
Son programme est tellement anti social que c’est vrai, des électeurs, des salariés, même des syndiqués, des militants de gauche n’arrivent pas à y croire, ne mesurent pas l’ampleur de la menace, certains parlent encore de s’abstenir !
C’est vrai, Sarkozy n’aurait jamais dû obtenir 31% tout comme Le Pen n’aurait jamais du avoir 18% en 2002...
L’UMP en s’alignant sur Le Pen, sur Bush, Thatcher, Berlusconi ne devrait pas, non plus, avoir une majorité dans la France qui s’est battue contre l’ultra-libéralisme depuis nov-déc 95, fév-juin 2003, a voté à gauche en 2004 et 2005, a gagné contre le Cpe en 2006 !
Sarkozy était « pour » le CPE, il a voté, lui et les siens, « pour », jusqu’au bout, il a même, un temps, prétendu que c’était « son » idée et pas celle de Villepin... Sarkozy est pour le “CNE”, pour vous licencier « sans motif », faire perdre ainsi toute dignité aux salariés...
Sarkzoy en rajoute : Je ferai une de mes premières lois contre le droit de grève ». Il précise : « Mr Thibault est contre ? Il n’a qu’à se présenter à la présidence de la République ! ». Le « chef de la CGT des cheminots est contre » ? Hé bien si je suis élu, c’est moi qui décide. Recherche de l’affrontement direct. « Parce que je ne suis pas de gauche, je serai illégitime ? il y aurait donc la candidate de l’apaisement et le candidat de l’affrontement ? Cela s’appelle un procès d’intention. » Il ne nie pas : il cherchera l’affrontement et il a l’intention de le gagner !
J’ai (GF) personnellement fait 32 meetings en soutenant Ségolène Royal et j’ai parlé de janvier à avril 2007, devant des salles acquises (près de 6000 personnes au total, souvent très militantes). Mais je ressentais un malaise intime quand je parlais, par exemple, de la mise à mort du Code du travail, de la promulgation du « nouveau » code du travail le 7 mars 2007 (applicable en septembre... si Sarkozy gagne ) : beaucoup, parmi les participants étaient non informés, et quand je les informais, ils étaient incrédules !
Et quand ils comprenaient la gravité de l’information, ils pensaient, je le sentais, dans leur for intérieur : « - Bon, c’est grave, mais même si Sarkozy était élu, il n’y arrivera pas, on l’en empêchera ».
Quelque part, il y a encore des secteurs de la gauche et de l’extrême gauche qui « banalisent » l’arrivée possible de Sarkozy au pouvoir ( et tant d’américains ont banalisé l’arrivé de Bush !)
Que personne ne soit en confort ! Personne ne pourra se vanter de s’être abstenu, de n’avoir pas été averti.
Cette élection n’est pas « ordinaire ». Ce candidat n’est pas ordinaire : il vous dit d’avance qu’il va tuer vos droits sociaux ! Lui, il ne vous dit même pas qu’il va réduire la “fracture sociale”, mais qu’il va l’aggraver !
Il y en a qui qui parlent même de façon routinière, sans savoir, sans s’inquiéter, d’un « troisième tour social »(sic). D’autres rêvassent sur le résultat des législatives des 10 et 17 juin : mais ils épouseront les résultats du 6 mai...
Certains ne mesurent pas qu’un « caudillo » comme Sarkozy est remonté comme une pendule et qu’il veut, lui, un “troisième tour social”, et le gagner : « Je serais la droite décomplexée annonce t il, et, à la différence de la droite d’avant, je ferai ce que j’ai annoncé, je tiendrai parole » a t il développé sur TF1 de façon insolente jeudi 26 avril au soir. Thatcher avait fait comme cela contre les mineurs, et Reagan contre les aiguilleurs du ciel...
Certains disent « - Ah ! mais il a obtenu 31 % des voix, donc des voix d’un public populaire ». Sous-entendu : « - On est foutus », se disent des militants accablés qui baissent les bras d’avance, (devant ce peuple de « c... » - sic ) ils font circuler leur propre démoralisation, parce qu’il ne sont pas trempés ou n’ont pas été assez alertés pour affronter un tel choix historique.
Mais comme pour nombre d’électeurs de Le Pen, ce public populaire de 31 % ne connaît pas le programme réel de Sarkozy, et s’ils le connaissaient, le comprenaient, ils ne voteraient naturellement pas pour lui.
On doit donc expliquer jour après jour, ( J - 9) partout de quoi il s’agit et ne pas partir battus... car on est dans un mouchoir de poche et on PEUT encore gagner avec Ségolène Royal le 6 mai
Les Français ne sont pas des « cons », pas des « veaux », « des cocufiés qui en redemandent » dixit Le Pen à leur propos, pas des pessimistes, ils cherchent l’ordre, une solution, une issue à leurs misères et comme ceux qui suivaient hier Le Pen, ils marchent sans le lire dans le texte, sur la démagogie, les mensonges de Sarkozy (et, bien sur, parce qu’en face, la gauche n’a pas été jusque là assez attractive ! ).
Alors, il y en a, à gauche, pour dire, « c’est la faute de la gauche » (du PS...). Et pour « punir la gauche » (sic) (toujours le PS...) , ils disent parfois, (trop) : « Je m’abstiens ! ». Sans mesurer la portée politique d’une telle abstention dont ils seront eux, demain, les principales victimes ! « Ne me culpabilisez pas », disent-ils parfois, c’est la faute de la gauche ( du PS...) si je ne vote pas...
Mais SI, il faut les culpabiliser, car leur vote n’est de la faute de personne, sinon d’eux-mêmes.
Il faut qu’ils voient, avant qu’il ne soit trop tard, qu’ils laisseraient investir un Bush qui leur annonce clairement tout ce qu’il va faire contre eux ! « Vous exagérez sur ce qu’est Sarkozy » : mais non, nous n’exagérons pas, on est en deçà, on sonne le tocsin avant qu’il ne soit trop tard (Lisez !).
La grande presse cynique des Bouygues, Dassault, Lagardére, Dassault a réussi à « vendre » à 31% de Français du vrai-faux le Pen de Neuilly (Le Pen est un milliardaire) et à 18,5% d’entre eux du “centriste trompeur” (Bayrou recyclé).
Sans doute parce que la gauche n’a pas assez « attiré » ... mais ce n’est pas une raison pour se flageller, pour ne pas faire notre devoir.
Sans doute à cause du fait que les vrais socialistes sont perçus comme des faux-vrais mais ce n’est plus le sujet à cette heure : c’est NOTRE survie qui est en jeu il faut impérativement renverser le complot qui, diaboliquement, vise, par déception, confusion, actuellement entretenu par les grands médias, à ne pas faire gagner la gauche.
Il faut vouloir ignorer l’histoire du monde et de la mondialisation et de la menace d’impact total qui pèse sur la France (et son histoire, nov-déc 95, 2003, 2005, 2006) pour refuser de faire barrage à Sarkozy !
Le monde entier nous regarde et l’élection de Sarkozy ne serait pas seulement une défaite pour la France !
Toutes les forces de tout ce qu’il y a de progressiste dans ce pays doivent s’arquebouter pour que pas une voix ne manque à Royal (Bayrou n’est pas candidat, Bayrou a dit qu’il n’appellerait pas à voter Royal, il ne sera pas dans la majorité présidentielle... par contre, il faut que ses voix viennent ou reviennent à gauche, contre Sarkozy).
Après, chacun pourra se vanter d’être le premier opposant de la candidate victorieuse, d’être contre toute alliance avec le vrai faux « centre », mais personne ne pourra un jour se vanter en disant “je me suis abstenu”.
Sarkozy essaie maintenant, donc, de se présenter comme victime « pourquoi tant de haine contre moi ? » répète t il des dizaines de fois dans ses meetings.
Incroyable ! Il est le pur produit des 16 000 familles de la tranche supérieure de l’ISF (impôt sur les grandes fortunes). Il est le pur produit du Cac 40, de Neuilly, et il arrive à se vanter du vote de 31% des Français.
Sarkozy arrive t’il à se présenter comme un homme « qui ne négocie pas », qui ne cherche pas, lui, d’alliés au centre, qui va droit au but en s’adressant aux Français ? C’est encore le registre classique de Le Pen.
Mais Sarkozy est, en fait, aux abois, et négocie avec tous les fonds de tiroir, avec Tapie ou Besson, De Robien, Borloo, avec de Villiers ou les 15 députés Udf qui se sont ralliés à lui...
Et Sarkozy n’est pas assez diabolisé pour ce qu’il défend : plus pratiquement encore que Le Pen, car lui il aura les moyens du pouvoir, il défie frontalement les cheminots, ceux, selon lui, qui n’ont plus droit à la retraite après 37,5 annuités, avec un aplomb, une morgue inouïe sur TF1 jeudi soir. Pourtant la moyenne des Français, sans forcément le savoir, ne travaille pas plus de 37,5 annuités : et Sarkozy leur dit donc qu’il va leur voler leur droit à la retraite, la porter à 41, 42 annuités (inatteignables !) après avoir ratiboisé les « régimes spéciaux »...
Le candidat de Neuilly, de Bouygues Lagardére, celui qui annonce la guerre sociale au profit du Medef et qui larmoie comme une victime, se plaignant d’être « diabolisé » on aura tout vu... Comme on dit dans la chanson « les loups sont dans la plaine » , ils sont là, ils nous assiégent, « En garde » debout !
Ségolène Royal a effacé le 21 avril, elle est la candidate du renouveau et de l’unité de la gauche.
À l’issue de ce premier tour, le combat que nous engageons est compréhensible par tous : la gauche se rassemble pour battre une droite plus extrémiste et cynique que jamais. Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy, c’est la gauche contre la droite. Nicolas Sarkozy est le candidat sortant, responsable d’une politique de destruction de tous les acquis sociaux conquis au cours du XXe siècle, c’est la continuité de Raffarin et Villepin en pire, c’est celui qui banalise les idées lepénistes.
Ce premier tour résulte d’une double aspiration des électeurs de gauche : celle d’assurer la présence de la gauche au second tour et celle d’assurer la défaite de Sarkozy au second tour. Pour répondre à deux exigences à la fois, les électeurs de gauche ont en majorité, donné la deuxième place à Ségolène Royal : alors qu’en 2002 beaucoup de socialistes avaient voté pour les candidats de la gauche de la gauche, cette fois-ci beaucoup d’électeurs de la gauche de la gauche ont voté socialiste. Toutefois, certains électeurs de gauche ont voté pour Bayrou au nom du vote « utile » pour être sûrs que Sarkozy soit battu au second tour : 8 points des 18 % obtenus par Bayrou sont ainsi motivés, c’est le résultat de l’intox réalisée par les sondeurs sur le second tour. Les votes pour Bayrou et pour Le Pen vont ainsi se partager entre Sarkozy, Ségolène et le vote blanc, il se peut donc que le nombre de votes blancs ou nuls et d’abstentions soit, le 6 mai, plus important que les 17 % des inscrits qu’ils ont totalisés ce 22 avril.
Nous partons de 36 %, Sarkozy part de 31 %... En effet, le report des 10 % obtenus par les candidats de la gauche de la gauche donne à Sarkozy un handicap de 5 points qu’il ne pourra pas remonter avec quelques petits reports provenant de Nihous et de Villiers. Le peuple de gauche est majoritaire en France, mais il nous appartient de le mobiliser et de lui donner le moyen de traduire électoralement ce rapport de forces.
Depuis le 21 Avril, les électeurs de gauche, la majorité des salariés, se saisissent de toutes les occasions pour remettre la droite à sa place, pour effacer l’affront et pour s’opposer à la politique du Medef et du CAC 40, que représente le candidat sortant, Nicolas Sarkozy.
Le 1er Mai 2002 fut, en pleine tempête, le premier signe de cette volonté. Les socialistes participeront massivement aux manifestations du 1er Mai 2007 pour montrer leur détermination de faire gagner la gauche le 6 mai.
En 2003, les salariés se sont mobilisés contre le démantèlement des retraites par répartition décidé par Raffarin et Fillon, plus massivement encore qu’en 1995 contre le plan Juppé.
En 2004 les électeurs ont massivement voté socialiste aux cantonales, régionales et européennes.
En 2005, le peuple de gauche a démontré sa politisation en se passionnant de façon inédite sur l’analyse d’un long et difficile texte de traité pour une constitution européenne.
En 2006, la jeunesse et les salariés se sont mobilisés contre le CPE et le démantèlement du droit du travail, plus massivement même qu’en 2003 et de façon victorieuse.
En 2007, contre les grands médias tenus par Bouygues, Lagardère, Dassault et Rotschild, face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal peut et doit l’emporter !
Relancer la croissance
Augmenter de 10 % par an le budget de la recherche et de l’innovation,
favoriser l’accès des petites entreprises au crédit et aux marchés publics, concentrer les aides sur les entreprises qui embauchent et investissent
Généraliser les 35 heures, ramener par la loi les 35 h au taux majoré comme il l’était avant la droite créer 500 000 emplois tremplins pour les jeunes,
garantir aux jeunes le droit à un emploi ou une formation au delà de 6 mois de chômage, constituer une sécurité sociale professionnelle, faire rembourser les aides reçues par les entreprises
qui délocalisent.
Améliorer le pouvoir d’achat
Porter le Smic brut à 1500 €, mensualiser et augmenter immédiatement de 5 % les petites retraites et l’allocation adulte handicapé, convoquer
dès le mois de juin une conférence nationale de l’Etat et des partenaires sociaux sur les salaires.
Promouvoir l’éducation
Organiser des états généraux des enseignants pour améliorer l’Ecole,
instaurer la gratuité du soutien scolaire et limiter les effectifs à 17 élèves en CP et CE1 de ZEP, créer un service public de la petite enfance,
instaurer l’obligation scolaire dès 3 ans, créer une
allocation d’étude pour les jeunes en formation, porter la dépense publique par étudiant au même niveau que dans les pays européens.
Résoudre la crise du logement
Construire 120 000 logements sociaux par an, rendre obligatoire le seuil de 20 % de logements sociaux, établir un service public de la caution.
Renforcer le service public de santé
Organiser un plan de prévention des maladies graves, augmenter les moyens des médecines du travail et scolaire, assurer les missions de l’Hôpital
public sur tout le territoire en garantissant son financement, créer 500 dispensaires, donner aux jeunes le droit à 2 consultations gratuites par an.
Organiser l’excellence environnementale
Soutenir les économies d’énergie par la baisse ciblée de la TVA, porter à 20 % la part des énergies renouvelables, financer les transports publics en
prélevant sur les superprofits pétroliers, - constituer un pôle public EDF-GDF.
Réduire toutes les formes de violence
Reconstituer la police de quartier supprimée par la droite, développer des centres éducatifs renforcés, augmenter les moyens de la justice des mineurs,
adopter une loi-cadre contre les violences conjugales.
Construire une VIe République
Instaurer le non-cumul des mandats pour les parlementaires, introduire une part de proportionnelle pour les députés, permettre le dépôt d’une
proposition de loi par un million de citoyens, fonder la représentativité syndicale sur les élections professionnelles.
Renforcer la place de la France dans le monde et en Europe
Soumettre à référendum un traité institutionnel pour une Europe plus protectrice et sociale, établir une politique de co-développement avec les pays du
Sud.
Pour lire la version complète 15 raisons de battre Sarkozy
On comprend que Sarkozy évite comme la peste d’à assumer le bilan des gouvernements les plus réactionnaires qu’ait connu notre pays depuis Pétain : les gouvernements Raffarin et de Villepin.
Mais comment pourrait-il faire autrement ? Pendant les cinq dernières années, il n’était ni sur Mars ni dans l’opposition. Il a été le numéro deux de tous ces gouvernements, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur mais aussi ministre des Finances (du mars 2004 à mai 2005). Il est aussi le président de l’UMP, majoritaire à lui tout seul à l’Assemblée Nationale sans lequel aucune des lois de droite n’aurait pu être votée entre 2002 et 2007.
Non seulement Sarkozy ne veut pas la « rupture » avec ce que fait la Droite depuis cinq ans mais il veut, au contraire, aller encore plus loin dans les attaques contre le salariat.
La Droite a considérablement freiné l’augmentation du Smic pour 80 % des salariés payés au salaire minimum. Elle a bloqué l’augmentation des salaires dans la fonction publique. Elle a laissé les loyers et les charges locatives augmenter de 30 % en cinq ans. Et contrairement à toutes ses affirmations, elle a obligé les salariés à travailler plus pour gagner moins.
Pour y parvenir, la Droite a voulu obliger les salariés à travailler le lundi de Pentecôte et leur a, de toute façon, volé un jour férié. Pour y parvenir, elle a retiré les astreintes et de nombreux temps de déplacement du temps de travail effectif. Pour y parvenir, elle a fait passer le contingent légal d’heures supplémentaires de 130 à 200 heures.
Et Sarkozy veut aller encore plus loin. Il veut exonérer les heures supplémentaires de cotisations sociales et même d’impôt sur le revenu. La conséquence serait d’affaiblir encore la protection sociale et de rendre les heures supplémentaires moins chères que l’embauche. Le chômage des uns serait alors la contre partie du sur travail des autres !
Sarkozy propose d’instaurer une « TVA sociale ». Une hausse de 5 points de la TVA pour un ménage gagnant, 2 000 euros par mois et dépensant la presque totalité de son salaire mensuel, cela représenterait une hausse du coût de la vie de 100 euros chaque mois.
La privatisation d’EDF-GDF, souhaitée par Sarkozy, aurait, elle aussi, de graves répercussions sur le pouvoir d’achat des salariés. Dans tous les pays où le gaz et l’électricité ont été privatisés, les tarifs ont été multipliés par 2, 3 ou 4. Ce qui est logique puisque les actionnaires privés n’ont qu’une idée en tête : leurs dividendes.
Avec Sarkozy, la santé coûterait de plus en plus cher aux salariés. Sarkozy et l’UMP proposent d’instaurer une franchise annuelle. Cela signifie que chaque année, les 50 ou 100 premiers euros que chacun dépensera pour se soigner. Ne seront pas remboursés.
L’augmentation du tarif des médecins (23 euros), la diminution des soins remboursés feront explosé les tarifs des assurances complémentaires qui doubleraient en quelques années.
C’est la séance de clôture de l’université du MEDEF, le 31 août 2006, que Nicolas Sarkozy avait choisi pour déclarer la guerre au droit de grève. Comment s’étonner que Sarkozy ait été reçu par une « standing ovation » des patrons rassemblés à cette université d’été ?
Ce n’est pas un hasard si ses propositions ont pour modèle les mesures prises par Margaret Thatcher à la fin des années 1980. Depuis que ces mesures ont été mises en œuvre, les grèves ont quasiment disparues au Royaume Uni.
Sarkozy sait pertinemment qu’il ne pourra imposer son programme (celui du MEDEF) au salariat qu’en l’empêchant de se défendre. La volonté du candidat de l’UMP d’interdire l’exercice du droit de grève est donc aussi un aveu : celui du caractère extrêmement violent de l’offensive qu’il prépare contre le salariat. Aucun salarié conscient de ses intérêts ne devrait lui apporter sa voix.
Le 7 mars dernier, le Conseil des ministres a osé promulguer un nouveau « Code du travail ».
Ce nouveau code est un recul sur 120 ans d’histoire sociale. Il contient potentiellement toutes les régressions annoncées par Sarkozy : 3851 articles modifiés, un redécoupage en 8 livres, 38 chapitre, un reclassement de lois en décrets, de décrets en arrêtés, la destruction de dizaine d’années de jurisprudence, la remis en cause du droit de grève, de l’inspection du travail, de la durée du travail, des contrats...
La seule « précaution » qu’ils ont prise c’est faire en sorte que ce nouveau code du travail ne soit pas « appliqué » avant septembre prochain... si Sarkozy gagne.
En 5 ans, entre septembre 1997 et avril 2002, la gauche avait réussi à faire reculer le chômage de masse. Grâce aux 35 heures et aux emplois-jeunes, grâce aussi à d’importantes augmentations du Smic, un million de chômeurs avaient retrouvé un emploi.
Au contraire, la droite n’a pas fait reculé le chômage. Le taux de chômage était de 8,9 % en mars 2002, il s’élève aujourd’hui, à 8,8 % ! Pourtant, la démographie est venue au secours de l’emploi. Les enfants du baby-boom arrivent à l’âge de la retraite et de nouvelles générations, moins nombreuses arrivent sur le marché de l’emploi. Alors qu’il fallait créer prés de 250 000 emplois pour faire reculer le chômage en 2001, il suffisait d’en créer 50 000 en 2006 !
Mas la Droite a supprimé les emplois-jeunes. Elle a refusé de remplacer une partie des fonctionnaires qui partaient en retraite. Elle a contourné les 35 heures par tous les moyens. Elle a considérablement freiné l’augmentation du Smic. Elle a étouffé la croissance.
Et Sarkozy veut aller encore plus loin dans cette voie. Il affirme qu’il ne revalorisera pas la Smic ! Il veut rendre, pour les employeurs, les heures supplémentaires moins chères que l’embauche ce qui ne pourra que freiner l’embauche. Il ne veut remplacer qu’un fonctionnaire sur deux qui partiraient à la retraite. Il veut que la retraite puisse se cumuler avec le salaire et reconnaît, du même coup, qu’avec la loi Fillon, les retraites ne permettront plus de vivre. Mais en permettant ce cumul, c’est des centaines de milliers de jeunes auxquels il barrerait l’accès à l’emploi.
Le 21 janvier 2007, Sarkozy déclarait lors d’une rencontre avec des patrons de PME qu’il entendait s’inspirer du contrat nouvelle embauche, le « CNE » pour créer « un contrat de travail unique. « Le CNE c’est un progrès, il ne faut pas y toucher » précisait-il, encore.
La droite affirme que 700 000 emplois ont été créés grâce au CNE. C’est faux, ces 700 000 soi-disant créations d’emplois ne sont qu’un « effet d’aubaine » : les salariés embauchés en CNE auraient de toute façon été embauchés sous une autre forme : CDI ou CDD.
Ce que propose Sarkozy c’est purement et simplement la mort du droit du licenciement. Pas seulement pendant une période de deux ans comme le CNE et le CPE mais tout au long de la vie professionnelle, un employeur pourra vous licencier sans motif.
Etre licenciable sans motif, c’est ne plus pouvoir défendre ses droits, c’est ne plus pouvoir se syndiquer ouvertement, c’est ne plus pouvoir revendiquer le paiement de ses heures supplémentaires, c’est ne plus pouvoir « broncher » sous peine de perdre son emploi. Etre licenciable sans motif, c’est un retour en arrière de 120 ans, dans le droit, la dignité élémentaire des salariés, c’est le retour à Germinal, à Zola.
La loi Fillon contre les retraites a nivelé les retraites par répartition vers le bas en alignant les salariés de la fonction publique sur les 40 ans de cotisations que la réforme Balladur avait déjà imposée en 1993 aux salariés du privé.
Le patronat continue à licencier à tour de bras les salariés de plus de 50 ans qui n’auront donc pas assez de trimestres pour une retraite à taux plein. L’allongement de la durée de cotisation signifie en réalité une diminution considérable du niveau des retraites dans le secteur privé. Sans doute aussi dans le secteur public.
Sarkozy ne remet pas en cause la loi Fillon. Au contraire, il veut l’étendre aux régimes spéciaux de retraites. Il veut surtout mettre en œuvre l’article 5 de la loi Fillon qui permet d’imposer par simple décret un allongement supérieur à un trimestre par an de la durée de cotisation. Les 45 annuités prônées par le MEDEF se rapprocheraient à grands pas.
Lors de son voyage aux Etats-Unis en 2004, M. Sarkozy déclarait, au cours d’un banquet : « Ici aux USA on a la culture de la réussite, en France quand on subit un échec on perçoit une allocation ». Les Etats-Unis comptent 45 millions de personnes sans aucune couverture sociale et c’est ce modèle là que Sarkozy encensait au moment où Douste-Blazy préparait sa loi, véritable machine infernale contre l’assurance-maladie obligatoire.
Les causes réelles du déficit n’ont pas été prises en compte par cette loi : le coût des médicaments, les accidents du travail et les maladies professionnelles mises à la charge du régime général de l’assurance-maladie, l’augmentation des tarifs des médecins libéraux, la stagnation des cotisations sociales patronales depuis 20 ans.
L’hôpital public a été la cible de toutes les attaques : le Plan hôpital 2007 programme la mainmise des cliniques privées sur le secteur hospitalier et la mise à l’écart de dizaines de milliers de malades « non rentables ». Le forfait hospitalier est passé à 16 euros par jour. Un forfait de 18 euros a été imposé sur les actes de plus de 90 euros. Les tarifs des médecins ont considérablement augmenté.
Aujourd’hui, alors que Douste-Blazy assurait que sa loi assurerait l’équilibre de l’assurance-maladie en 2007, le déficit de l’assurance-maladie s’élève à 5,9 milliards d’euros. L’actuel ministre de la Santé, Xavier Bertrand s’en félicite. Mais dès que les élections seront passées, si par malheur Sarkozy et la Droite l’emportaient, ces 5,9 millions d’euros de déficit redeviendrait rapidement un « déficit abyssal ». Le nombre des soins remboursés diminuerait encore, les franchises, les forfaits se multiplieraient. Confrontées à la concurrence des sociétés d’assurance les mutuelles ne pourraient pas faire autrement que relever leurs tarifs et finiraient par sélectionner leurs adhérents en fonction de leur état de santé.
Pour une grande partie des assurés sociaux, le dilemme serait terrible : soit ils ne pourraient plus se soigner, soit ils devraient accepter la hausse inéluctable des tarifs de leur assurance complémentaire et rogner d’autant leurs autres dépenses.
Sarkozy a considérablement aggravé les conditions de vie des immigrés. La durée de présence sur le territoire français (10 ans auparavant) donnant droit au séjour régulier est supprimée. Le regroupement familial est soumis à des conditions de salaire et de logement. La « validité » du mariage est contrôlée « au regard de leur intensité, de leur ancienneté... ». Les expulsions, les rétentions administratives ont été systématisées. Aux rafles (arrestations massives), s’ajoutent les arrestations à domicile, en préfecture (au moyen de convocations pièges), aux abords des Restos du cœur et jusque devant les écoles. Pour atteindre les 25 000 expulsions annuelles décidées par Sarkozy.
Sarkozy veut aller encore plus loin dans la répression et la stigmatisation des immigrés. Il annonce qu’il ferait voter dès juillet 2007 une loi qui durcirait les conditions du regroupement familial, en obligeant, notamment, les étrangers à connaître la langue française avant leur entrée sur le territoire.
Attirer les électeurs de Le Pen : en faisant mine de protéger une identité nationale qu’il est incapable de définir.
Et surtout, consolider un marché du travail parallèle qui pèse sur l’ensemble du marché du travail. Dans de nombreux secteurs (BTP, ce qui reste de la confection, agriculture, restauration, hôtellerie, services à la personne...) ces travailleurs sans papiers pèsent sur les conditions de salaire et de travail de l’ensemble des salariés de ces secteurs, pour le plus grand profit des employeurs. C’est la délocalisation sur place.
Sarkozy est contre l’impôt. C’est, en tous les cas, l’image qu’il veut donner. Quand on y regarde d’un peu plus près, il n’est pas difficile de constater qu’il n’est pas contre l’impôt en général, mais contre certains impôts.
Il n’a rien contre la TVA, la TIP, la taxe d’habitation Il n’a rien contre la TVA. Au contraire, il propose d’étudier « sans a priori idéologique » le principe d’une TVA sociale qui se substituerait aux cotisations sociales patronales. La TVA est pourtant l’impôt le plus injuste qui soit puisqu’il frappe d’un même taux d’imposition tout consommateur, qu’il soit pauvre ou riche.
Il n’a rien contre la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIP). La gauche l’avait rendue « flottante » pour qu’elle diminue lorsque les prix du pétrole augmentent. Le gouvernement Raffarin, auquel participait activement Nicolas Sarkozy a supprimé cette possibilité. Il n’a rien contre la taxe d’habitation dont la base est archaïque et qui ne tient aucun compte des revenus des contribuables.
Par contre, Sarkozy est un adversaire résolu de l’Impôt sur le Revenu, de l’Impôt de solidarité sur la fortune ou de l’Impôt sur les Sociétés, les impôts que les riches redoutent le plus.
En 2004, le ministre des Finances d’alors, Nicolas Sarkozy, l’avait juré à la tribune de l’Assemblée Nationale : jamais la part de l’Etat ne descendrait en dessous de 70 % du capital d’EDF ou de GDF ! Il n’aura pas fallu deux ans pour apprécier à sa juste valeur la parole de Sarkozy. La majorité de droite dont il dirige le principal parti, l’UMP, a voté une nouvelle loi permettant la fusion du groupe privé Suez et de GDF. Cette fusion, si elle arrivait à son terme, signifierait la privatisation de GDF puisque l’Etat ne détiendrait plus que 34,6 % du capital de la société fusionnée.
Sarkozy veut aller encore plus loin et propose de diminuer encore la part de l’Etat dans le capital d’EDF comme de GDF.
Sarkozy utilise une bonne partie de ses interventions publiques à stigmatiser les fonctionnaires. Il trouve ces fonctionnaires tellement peu utiles qu’il annonce qu’il ne remplacera qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Il ne précise bien sûr pas quels seront les postes de fonctionnaires qu’il supprimera : les pompiers, les infirmières, les policiers, les magistrats, les enseignants ? Il serait pourtant urgent qu’il le fasse car le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux lors de son départ en retraite correspond à la suppression de 150 000 emplois sur 5 ans dont , au moins, 80 à 90 000 enseignants !
En 2002, aidée par une campagne inouïe des principaux médias, la Droite s’était faite élire sur le thème de la « sécurité ». Cinq ans après, son bilan est consternant et Sarkozy, Ministre de l’intérieur pendant plus de quatre ans est le premier responsable de cet échec sur toute la ligne.
Quel est ce pays où l’on arrête un grand-père qui vient chercher ses enfants à l’école en mettant la directrice en garde à vue parce qu’elle protége les dits enfants ?
C’est un pays où la fracture sociale est brutale, énorme. C’est un pays archi riche des 100 milliards de bénéfices gagnés par les entreprises cotées au Cac 40 et de 7 millions de travailleurs pauvres ! C’est un pays où l’insécurité sociale, le chômage de masse font le lit de l’ « insécurité ».
Et Sarkozy annonce qu’il va aller encore plus loin dans le même sens : renforcer le cercle vicieux de la violence en répondant à toute violence par encore plus de violence. En un mot, remplacer l’Etat social par l’Etat pénal.
Sarkozy veut renforcer le rôle du président de la République auquel seraient rattachés « les outils nécessaire à la réforme de l’Etat ». L’article 49-3 serait maintenu ainsi que le vote bloqué. Le cumul des mandats continuerait.
Le rapport Machelon, commandité par Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur propose de modifier l’article 2 de loi de 1905 « La République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte » et de réinstaller le religieux dans l’espace public. Ce dont Sarkozy ne s’est pas privé lui-même, en insistant sur sa foi chrétienne.
La République de Sarkozy serait corporatiste : le Parlement serait dessaisi du pouvoir de voter seul les lois sociales. Aucune loi sociale, en effet, ne pourrait plus être votée si elle n’avait pas fait l’objet d’un accord préalable entre le patronat et les syndicats de salariés. Cela reviendrait à donner un droit de veto au MEDEF sur toutes les lois sociales. Avec un tel veto donné au patronat, jamais les 40 heures, les congés payés, les 35 heures, la Sécurité sociale n’auraient pu voir le jour.
La République de Sarkozy serait communautariste : après avoir installé un Conseil Français du Culte Musulman, il veut généraliser la « discrimination positive » qui l’avait amené à nommer un Préfet parce qu’il était « musulman ».
Nicolas Sarkozy a décidé de ne tenir aucun compte du vote du 29 mai 2005 et du rejet massif de l’Europe libérale par les électeurs de notre pays.
Que le « non » l’est emporté à une large majorité ne lui fait ni chaud ni froid. Il a d’ailleurs décidé de considérer ce vote comme nul et non advenu. Il a dores et déjà annoncé qu’il se refusait à organiser un nouveau référendum sur le traité européen. Il a décidé de se passer du peuple dont la fiabilité est de moins en moins sûre : il fera entériner, s’il l’emporte le 6 mai prochain, un nouveau traité européen par le Parlement.
Jean-Jacques Chavigné - Gérard Filoche
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Un rassemblement est en marche, une dynamique est en mouvement.
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Merci de m'avoir attendue, aussi tard. Je remercie à nouveau tous les électeurs et toutes les électrices qui nous ont donné ce score extraordinaire. |
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